Ma participation à l'embrunman s'est décidée à la dernière minute.
Je devais initialement prendre le départ du trail de la CCC mais des problèmes tendineux ont contrarié ma préparation et m'ont contraint à renoncer à cette course.
Plutôt que de me la couler douce tout le mois d'Août, j'ai décidé de refaire l'embrunman.Il faut dire que cette épreuve est tellement belle qu'il n'a pas fallu longtemps pour me convaincre.
Ma préparation vélo était insuffisante compte tenu de la difficulté du parcours vélo.(fin juin, je ne totalisais que 3000 km de vélo!! et 4000 km fin juillet).
Après les conditions climatiques apocalyptiques de l'an dernier, c'est sous une chaleur caliculaire, que nous avons pris le départ du 26 ème embrunman.
Les féminines se sont donc élancées dans la course à 5h50.
A partir de ce moment là, je savais qu'une dure et longue journée.
m'attendait.
Compte tenu du plateau féminin, mon objectif était bien entendu de finir puis de ne pas terminer dernière féminine
J'ai donc barbotter les 3800m en 1h13. Les sensations n'étaient pas trop mals. j'ai pris le temps de me changer et hop me voilà parti dans ce que je redoutais le plus, la partie cycliste.
J'ai abordé la 1ère difficulté du parcours (route des puys)sur le 34x25.cette route surplombe le lac de serre pençon.Le paysage est grandiose.
Je n'arrête pas de me faire doubler.Certains emmènent des braquets énormes(j'en retrouverais plus tard à l'agonie dans le col de l'Izoard).
Descente puis retour vers Embrun.ils nous restent 146 km à parcourir.
Sur les routes le public est là et leurs encouragements me procurent toujours autant d'émotion.Dans la foule j'aperçois Julia.
On emprunte alors la route qui nous emmènent vers Guillestre.Elle longe la Durance par les hauteurs.
Les températures sont encores fraîches, les jambes aussi donc je gère.
A Guillestre, je retrouve Yannick qui m'encourage.
On longe le Guil sur un faux plat montant.Je continue de mouliner.
Des gars sont prudents, d'autres bourrinent.Moi je fais ma course.Je roule aux sensations.
A l'approche du pied du col de l'Izoard, la pente s'élève.C'est le début des hostilités.
Au pied du col, nous avons rouler 86 km et 14,6 km de montée nous attendent.Après environ 2 km de montée, j'entends arriver gégé.Il avait l'air frais comme un gardon.C'est limite s'il ne me met pas un coutant d'air.des petites douleurs musculaires commencent à s'installer.Je reste sur le 34x25 puis à hauteur d'Arvieux je décide de mettre le 34x28.Au km8 à Brunissard, la pente s'élèvent sérieusement(10% de moyenne).
Ceux qui étaient juste ou qui avaient pédaler trop fort au début commencent à en payer le prix.Je commence à maudir le chocolat cote d'Or 86% et la bûche de sainte Maure.
J'ai la sensation qu'on retient mon vélo par l'arrière.A ce moment là
Je prends mon mal en patience et je compte le nombre de km restant avant le sommet.
Dans la montée, j'aperçois Marie Laure, la copine de Yoyo.
J'arrive au sommet vers 11h45 comme j'avais prévu.
Là un délicieux sandwich au fromage et un autre au jambon m'attendent.
Miam, je prends le temps de les manger et de remplir mes bidons.
Ensuite descente vers Briançon sous un soleil de plomb.C'est sûr ça change des orages et de la grêle de l'an dernier.
Je profite de la descente pour me détendre les jambes et me réhydrater.
A 13h, j'ai ressenti une grosse envie de sieste.Il faut dire que je me suis entraînée à cette activité pendant une semaine.
A la sortie de Briançon, nous avons emprunté la partie la plus désagréable du parcours, la RN94 pour atteindre la route des Vigneaux, une sucession de petites montées casse pattes et de descentes.
Arrive ensuite le fameuse côte de Pallon, 2km de montée à 17% selon l'organisation.c'est ici que je ressens mon 1er coup de moins bien.Je l'ai trouvé interminable.
Des gars sont encore pires que moi, ça me rassure.
Ceux qui avaient des dévéloppements inadaptés grimpaient en lacets et en danseuse.
On bascule puis on arrive vers l' aérodrome exposé à tout vent.
Je ne force pas et j'attends que ça passe.
Retour sur Embrun où je croise quelques coureurs dont Alexandra Louison.
Elle devait être au km7 alors que je n'avais pas encore monté Chalvet.Impressionnante ce bout de bonne femme.
Il me reste 10 petits km avant l'arrivée dont 4,5km de côte.
Je gère la montée.J'aperçois Brune au sommet puis je profite de la descente pour bien m'hydrater et m'alimenter.
Je pose le vélo en 8h17 soit 5' de mieux que l'an dernier.
J'en attendais pas tant compte tenu de ma préparation à l'arrache.
Je me change et c'est parti pour le marathon.
Les sensations de course sont moins bonnes que l'an dernier mais ça reste convenable.Je cours alors à 11km/h.
Je m'arrête à tous ravitaillments pour m'hydrater et m'alimenter.
Je passe le 1er semi en 2h.
A ce moment là j'ai l'espoir de battre mon temps marathon de l'an dernier .Malheureusement, je commence à ressentir des douleurs à l'estomac et des nausées.
J'ai peur de revivre ce que j'ai vécu à l'alpe d'huez 2 ans auparavant.
Je diminue mon allure et je m'efforce de boire du coca.
Je me sens un peu mieux mais je préfère rester prudente.
Degoûtée je ne regarde même plus mon chrono.
Malgré ma faible allure, je constate que je continue de doubler des concurrents:certains marchent, d'autres trottinent.
Gérard Noury roule à mes côtés pendant 5-6km.
Il m'a été d'un grand soutien psychologique car je n'étais au mieux.
Je le remercie vivement.
Les jambes sont lourdes mais il ne me reste plus que 5 km à courir.
J'aperçois la dernière ligne droite.J'accélère mais pas trop à cause d'une contracture à l'ischio droit.
Dans sa gande galanterie un rital passe devant moi 5 m avant l'arche d'arrivée.
Je boucle mon mon 2ème embrunman(et ironman) en 14h06 de course soit 5' de plus que l'an dernier.
Les conditions climatiques et la préparation vélo étaient radicalement différentes.
Félicitations à Claude,Gégé et yoyo et bonne récup'.
Un grand merci à tous ceux qui étaient présents pour nous encourager.