La prochaine semaine étant chargée j’envois mon compte rendu ce soir.
Comme j’ai pu l’écrire je ne savais vraiment pas où j’allais avant l’épreuve à cause de la chaleur annoncée et cette fichue otite qui m’a fait passer des nuits difficiles depuis lundi.
J’avais donc décidé de marcher au cardio et de suivre le plan alimentation et d’y aller mollo.
Je n’ai pas reconnu tout le parcours à vélo mais ce que j’ai vu m’a assez fait peur.
Pas de reco à pied non plus pour découvrir pendant la course, comme ça c’est moins monotone.
Petite nuit où j’ai entendu toutes les heures sonner au carillon d’Embrun…
Lever de nuit, Yoyo passe me prendre et direction le parc à vélo pour organiser les transitions et gonfler les pneus.
Petite attente, les filles partent avant nous, le premier gel d’une longue série est absorbé et enfin le départ dans la nuit. Je redoutais un peu de nager dans le noir mais finalement c’est génial ; j’avais pris des lunettes non fumées sur les conseils des anciens et les canoës nous hurlent ‘ à droite’, les gyrophares sont le point de visée.
Natation super, tout de suite bien et beaucoup de plaisir à nager, à voir le jour se lever.
Dernière ligne droite où je drafte et sortie de l’eau pas fatigué du tout, bon signe.
Transition tranquille, j’avais déjà mon cuissard puis départ vélo. A Embrun c’est 200m de plat puis tout de suite la première bosse. On est à l’ombre, au frais et on savoure car on sait que ça ne va pas durer. Les jambes sont excellentes, mon compteur ne marche pas, c’est pas plus mal. Je ferai tout le vélo avec le cardio à droite et l’heure à gauche pour les gels et les barres. Je me fiche du temps, de la moyenne.
Première boucle qui ramène à Embrun sans problème sauf le chien que nous évitons lorsque je passe Yoyo. Un gars est sorti d’un virage, clavicule out.
En route pour L’Izoard. Les routes d’accès sont magnifiques mais le goudron pas terrible et ça ne fait que monter et descendre. Pas trop vite pour garder les jambes fraiches.
Guillestre où je voir Yannick qui m’annonce Marina à 2 mn. Je la rejoins au pied de l’Izoard, elle a mal à une jambe et ne semble pas super sereine.
On attaque le gros morceau, jusqu’à présent j’ai doublé un peu de monde mais moins que d’habitude.
Premières rampes et là beaucoup commencent à coincer. Je mouline de suite et passe rapidement sur le 34x24 puis le 26.
A Brunissard ça grimpe dur et j’alterne le 26 et même le 29. Les autres tirent des braquets de dingues en peinant alors que je mouline et remonte des paquets entiers. Une des leçons de ces courses de montagne c’est que beaucoup de cyclistes ont honte de mettre du gros et s’exposent les jambes pour rien.
J’atteins le sommet assez frais et je fais une pause pour demander mon bidon perso et mes sandwichs pour repartir aussitôt. Le sandwich ne passe pas, j’en aurais mangé la moitié en ½ heure de masticage…
Pendant la descente je me rends compte que je suis un peu seul et que l’Izoard a fait des dégâts dans les troupes.
On redescend dans la vallée pour y trouver la chaleur et ce fameux vent thermique assez violent et de face.
La suite n’est qu’un enfer de montées, descentes, faux plats, mauvais goudron qui font la réputation d’Embrun.
Je n’avais pas reconnu la côte de Pallon. Je ne suis pas déçu ; 2 kms tout droit en plein soleil, et une pente à 12,13,14% ? Les gars sur le bord disent que bientôt les cyclistes la monteront à pied.
On redescend puis revalonné pour arriver à Embrun et c’est parti pour monter Chalvet. Finalement je monte beaucoup plus facilement que mercredi malgré les 180 kms.
Je pose le vélo en bonne forme et en calculant vite fait je me dit que j’ai du faire autour de 7.30. Il n’y a pas trop de vélo au parc…en tout cas bien moins qu’en sortant de l’eau !
Transition plus longue car je me change entièrement pour la panoplie de coureur à pied et la casquette saharienne achetée la veille.
Certains courront avec débardeur et tête nue et y laisseront leurs plumes.
Là je passe la montre sur vitesse moyenne comme prévu et je me force à ralentir car je suis vite à 12 km/h. A 11 je me dis que je ne peux pas courir plus lentement et que ça devrait passer. Je me cale là-dessus et c’est finalement l’allure que je vais garder hors pauses et côtes.
Je découvre le parcours et il est beaucoup plus dur que prévu. La traversé d’Embrun est terrible avec une grosse côte et les pavés de la ville en montée. Une fontaine, je plonge la tête et me renverse la casquette pleine sur le corps. Nous sommes en vent arrière et il fait chaud.
On engage la descente, je croise Yoyo qui va monter Chalvet. Le prochain ravito n’arrive pas, heureusement il y a un monde fou qui propose à boire ; je vais prendre une bouteille à la main également pour pouvoir boire souvent et peu. Au km13 Gerard Noury est là avec son VTT et me dit qu’il va m’accompagner jusqu’à Baratier et à mi-parcours Julia me rejoins aussi à VTT et elle me suivra sur le reste de la cap. Je suis bien, mal nulle part, la chaleur est intense mais je la supporte. Je me dis que ça va le faire.
Je fini le premier tour et je ne regarde même pas mon temps ; je m’en fiche.
Psychologique ou pas mais d’un coup la fatigue arrive, ce moment où les jambes peuvent encore mais seulement si le mental les y oblige, à cette charnière c’est dur, c’est là que je croise Yannick.
Je monte la première cote en marchant à 90% puis également les autres 3 coups de cul mais entre je garde le rythme.
Je passe Claude qui est maintenant avec G Noury.
A 13 kms de l’arrivée Julia me dit que moins de 13h ça doit être faisable. Elle me donne l’heure et je calcule rapidement en me disant oui, même en craquant un peu ça doit passer.
En fait je vais même accélérer significativement sur les 2 derniers kms et finir en 12h46.00 finalement assez bien physiquement. J’aime finir comme ça et éviter l’agonie musculaire.
Je suis super content d’avoir fini et de mon temps.
Olivier Bachet me félicite et je tombe dans ses bras puis je pars au massage.
Vers 10.30 je suis revenu sur le site et j’ai pu voir l’ambiance incroyable pour les derniers finishers applaudis par une haie d’honneur. Quel souvenir pour eux !
La conclusion pour moi de cette course c’est qu’effectivement tout triathlète faisant du long doit faire cette course très dure mais tellement belle. Chacun a le sentiment de participer à quelque chose d’unique. Ambiance super y compris entre coureurs, public enthousiaste et qui nous pousse, très bonne organisation et fantastique parcours sur les 3 disciplines.
L’autre leçon c’est que le protocole de nutrition/boisson est maintenant au point et qu’il faut le suivre à la lettre.
Voilà, c’était mon 2ème Ironman et je suis ultra heureux de faire partie des Embruman finishers et de rejoindre ce cercle des vielles fripouilles du club.
Pour finir bravo à Marina, Yoyo et à Claude ; 100% finisher alors qu’il y a eu 160 abandons.
Yannick, doc Fish, Antoine c’est là qu’il faut aller…
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A fond tout l'hiver.